Qui était Joséphine Baker ?

April 3, 2018

Clara et Jo Baker sont les petits-enfants de Joséphine Baker, artiste, philantrope et humaniste. Mais qui était réellement Joséphine, et pourquoi la marque a décidé de lui rendre hommage à travers la créations des modèles, mais aussi de perpétuer l’idéal de paix et de tolérance qu’elle souhaitait en s’engageant auprès d’une association et en prônant ces valeurs?

 

« I shall dance all my life... I would like to die, breathless, spent, at the end of a dance. »

 

Née le 3 juin 1906 à Saint-Louis, Missouri, Joséphine a grandit dans une famille d'artistes. Carrie McDonald, danseuse métisse noire et amérindienne, et Eddie Carson musicien de rue itinérant, ses parents, ont monté un numéro de chant et de danse. Elle passe son enfance entre l'école et le travail, afin d'aider sa famille à survivre.

Pratiquant la danse depuis toute petite, elle rejoint un trio d'artistes de rue, le Jones Family Band. Pendant une tournée, elle rencontre Willie Baker qu'elle épouse en 1921, ce qui lui permet d’être indépendante de sa famille.

 

Elle intègre alors la comédie musicale Shuffle Along, spectacle populaire à la distribution entièrement noire, qui passe par New Heaven, Atlantic City et le Massachussets pour jouer sa dernière sur Broadway en 1922.

 

« J’ai deux amours, mon pays et Paris. »

 

Au bout de deux ans de tournée, en 1924, elle est engagée pour jouer dans le spectacle The Chocolate Dandies jusqu'en 1925, ou elle rejoint Le Sam Slavin's Plantation pour danser dans le spectacle Tan Town Topics. Elle y fait la rencontre de Caroline Dudley Reagan, qui engage Joséphine pour jouer dans la Revue Nègre à Paris, spectacle qui fera d'elle une star.

Le 2 octobre 1925 a lieu la première de La Revue Nègre au Théâtre des Champs-Élysées. Elle danse trois numéros, et chante une chanson comique, Yes Sir, That's My Baby. C'est là que Joséphine, vêtue d'un simple pagne de fausses bananes, danse sur un rythme de Charleston — musique alors encore inconnue en Europe — l'interprétation d'un tableau baptisé La Danse sauvage.  
 

« Ma devise : Rien n’est impossible à qui le veut »

 

En 1926, elle rencontre Giuseppe Abatino, surnommé Pépito, avec qui elle commence une liaison qui dure jusqu'en 1936. Pendant cette période il est son manager. Leur relation correspond à la période de l'ascension de Joséphine Baker. Pendant 2 ans, ils organisent une tournée européenne et elle se lance dans la chanson. Elle participe aussi au film La Sirène des Tropiques.                              

                              

En 1930, Joséphine est engagée par Henri Varna, directeur du Casino de Paris, pour mener La Revue Paris qui remue avec un guépard qu'il lui offre, Chiquita. C'est ici qu'elle crée la chanson J'ai Deux Amours en 1931, composée par Vincent Scotto, gros succès musical. 
 

©PAUL COLIN

 

En 1932, toujours au Casino de Paris, elle joue dans la revue La Joie de Paris. En 1933, elle rencontre pour la première fois Jo Bouillon au Casino d'Ostende en Belgique. Elle démarre cette année là une tournée anglaise au Prince Edward Theatre de Londres, qui se poursuivra en Europe. Elle tourne ensuite en 1934 dans le film Zouzou avec Jean Gabin en France, puis en 1935 dans Princesse Tam Tam en Tunisie.

 

Elle rend sa première visite depuis 1921 à sa famille de Saint-Louis et performe dans le spectacle Ziegfeld Follies qui ne rencontre pas un très grand succès. À la suite de cet échec, Pépito et Joséphine se séparent. Elle rentre en France en 1936, et acquiert la nationalité française en épousant Jean Lion, alors que Giuseppe Abatino meurt d'un cancer à l'automne 1936. De 1937 à 1939, elle organise une tournée d'adieux et au retour, se sépare de Jean Lion.

 

« During the war I worked with the French Resistance (...) The French Government gave me the Croix de Guerre, the Legion of Honour. I told them why give it to me. I didn’t do much. Others deserve it more. »

 

Dès le début de la guerre, Joséphine et Maurice Chevalier sont co-vedettes au Casino de Paris dans Paris-Londres. À côté, elle devient un agent du contre-espionnage. À cet effet, elle fréquente la haute société parisienne, puis se mobilise pour la Croix-Rouge. 

Installée au Maroc entre 1941 et 1944, elle soutient les troupes alliées et américaines, chante et transmet des documents vers Londres. Elle s'acquitte donc durant la guerre de missions importantes, et reste connue pour avoir utilisé ses partitions musicales pour dissimuler des messages. À la Libération, elle poursuit ses activités pour la Croix-Rouge, et chante pour les soldats et résistants près du front. En 1944, au sein d'une unité féminine de l'armée de l'air d'un liberty-ship, Joséphine quitte Alger pour la France. 

 

Les Milandes, le « Village du Monde »

 

Elle retrouve en 1945 Jo Bouillon, le chef d'orchestre, et l'invite à jouer devant les troupes françaises en Allemagne, à Londres devant Winston Churchill et au Théâtre des Champs-Elysées, ou elle a débuté 20 ans plus tôt, devant le Général de Gaulle. 


Le 3 juin 1947, jour de ses 41 ans, est célébré le mariage de Joséphine Baker et Jo Bouillon dans la chapelle du Chateau des Milandes en Dordogne ou elle vit en location depuis 1938. Elle l'acquiert cette année la pour deux millions et demi de francs. Elle démarre ensuite une tournée en Amérique du Sud, puis aux États-Unis où l'accueil est glacial. Fin 1948, la mère de Joséphine, Carrie et sa soeur, Margaret accompagnée de son mari, viennent s'installer aux Milandes. Son frère viendra s'y installer en 1952. Le château est inauguré en 1949 et le premier bâtiment destiné au public ouvre : La Guinguette. L'année d'après, elle organise une tournée européenne et vers la fin de l'année pars au Mexique et à Cuba.

 

« A chacun sa culture dans le respect de celle de l‘autre » : la tribu arc-en-ciel

  

Elle passe les années 1951, 52 et 53 en Amérique et particulièrement aux États-Unis à jouer devant des audiences qu'elle impose mixtes. En avril 1954, elle fait un voyage au Japon ou elle performe vingt-deux récitals dont plusieurs au bénéfice de l'Elizabeth Saunders Home dirigée par son amie Miki Sawada. Celle-ci lui confie deux de ses orphelins, Yamamoto Akio et Kimura Teruya Seiji - surnommé Jeannot-. Elle rentre aux Milandes, puis, lorsqu'elle se rend en Finlande en septembre, adopte Jari. En 1955, lors d'un voyage en Colombie, elle ramène Luis, et c'est cette même année qu'arrivent aussi aux Milandes Jean-Claude et Moïse.

 

En avril 1956, à l'Olympia, elle fait ses adieux à la scène parisienne et décide de se produire désormais exclusivement aux Milandes. Elle passe l'été aux Milandes, puis part à l'automne pour sa tournée d'adieux. En janvier 1957, de retour d'Afrique du Nord, elle présente ses nouveaux enfants : Brahim et Marianne, tous deux nés en Algérie. En 1958 arrive Koffi, de Côte d'Ivoire. La mère de Joséphine décède en début d'année 1959 et Mara, originaire du Venezuela, agrandit la tribu arc-en-ciel. En mai, trois ans après ses adieux, Joséphine remonte sur scène à l'Olympia avec Paris, mes amours. La revue restera 9 mois à l'affiche. Le soir de Noël 1959, le 11ème enfant est recueilli par Joséphine, qui le nommera Noël.

 

©ROGER VIOLLET

  

« I'm not intimidated by anyone. Everyone is made with two arms, two legs, a stomach and a head. Just think about that. »

 

En 1960 Joséphine et Jo Bouillon se séparent définitivement après 3 ans de conflits, mais celui-ci refuse de divorcer avant que tous les enfants n'aient atteint la majorité légale de 21 ans.

Joséphine est initiée au sein de la loge maçonnique La Nouvelle Jérusalem de la Grande Loge féminine de France. En 1961, elle rencontre le réalisateur de Sissi, Ernst Marischka, qui envisage un film avec la tribu arc-en-ciel. Mais jugeant que l’expérience pourrait être traumatisante pour les enfants, elle décide de ne pas donner suite. Aux Milandes, elle reçoit la Légion d’Honneur et la Croix de guerre avec palme pour faits de résistance par le général d’aviation Valin.

 

Joséphine participe en 1963 à la marche sur Washington pour l’emploi et la liberté, et lorsque JFK est assassiné elle se rend sur sa dépouille pour rendre hommage à son combat contre la ségrégation. Pendant ce temps, Jo Bouillon part s’installer à Buenos Aires.

 

La capitale du monde de la fraternité universelle 
 

Stellina, douzième et dernier enfant de la tribu arc-en-ciel, naît en juin 1964. Cette année là, Joséphine donne une conférence de presse et lance un appel pour sauver les Milandes de la fermeture. Brigitte Bardot verse à elle seule la moitié de la somme requise. Joséphine retourne aux États-Unis pour soutenir le mouvement des droits civiques du Pasteur Martin Luther King. Cette année là, elle est rayée du registre de la loge Nouvelle Jérusalem.

Les Milandes réussiront à persister jusqu’en 1968, mais le château est mis aux enchères par le tribunal de Bergerac. Le 1er septembre, les enfants sont envoyés dans différents établissements scolaires et c’est le dernier repas aux Milandes. Joséphine réussit à y rester jusqu’en mars 1969.

 

Alors qu’elle est pratiquement ruinée, la princesse Grace de Monaco, amie de la chanteuse d'origine américaine et artiste comme elle, lui offre alors un logement à Roquebrune pour elle est sa famille et l'invite à Monaco pour des spectacles de charité. Aidée aussi par la Croix Rouge, Joséphine Baker remonte sur la scène parisienne de l'Olympia, en 1968, puis à Belgrade en 1973, au Carnegie Hall en 1973, au Royal Variety Performance, au Palladium de Londres en 1974. À Paris, elle est au Gala du cirque en 1974.
 

« To realise our dreams we must decide to wake up. »

 

Le 24 mars 1975, pour célébrer ses cinquante ans de carrière, elle inaugure la Rétrospective Joséphine à Bobino. Elle retrouve son appartement parisien le 9 avril 1975 alors que le rideau vient de tomber devant une salle enthousiaste pour sa quatorzième représentation. Le lendemain matin, 10 avril, Joséphine Baker, victime d'une attaque cérébrale, est transportée dans un coma profond à l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière, où elle meurt, le 12 avril, à 68 ans. Elle reçoit les honneurs militaires, et, après des funérailles catholiques le 15 avril 1975 à l'église de la Madeleine, à Paris, où 20 000 personnes se pressent pour lui rendre hommage, son corps est inhumé le 19 avril au cimetière de Monaco.

 

Joséphine voulait prouver au monde que le racisme n’existait pas en adoptant des enfants de toutes origines et religions. C’est leur héritage. Elle avait raison, tous les enfants, oncles et tantes, s’aiment aujourd’hui quelles que soient leur couleur de peau ou religion. C’est cette femme élégante, passionnée, profondément bienveillante et tolérante, que nous souhaitons représenter dans nos créations. Son combat est aujourd’hui le notre.

 

 

Sources :

Joséphine Baker, Catel & Bocquet, 2017

https://fr.wikipedia.org/wiki/Joséphine_Baker

 

 

 

 

Share on Facebook
Share on Twitter
Please reload

Recents posts
Please reload

Copyright

2017 Clara & Jo Baker ®